Sans nom (fin)

 
 

Si elle avait trouvé la force, sa quête l'aurait poussée vers une vaste clairière. En son centre, trônait un palais fait de glace. En s'approchant, elle aurait aperçu un troupeau de rennes paisibles broutant du foin. Chaque fois qu'ils se baissaient, la clochette fixée à leur cou tintait. Un traîneau vide attendait devant la porte et les enfants couraient dans tous les sens. Ils chahutaient, jouaient et riaient de bon coeur. Peut -être que le coeur lourd, elle se serait dirigée vers elle, et se saisissant du heurtoir frapperait trois coups. Une vieille femme serait apparue.

Par chance, l'aïeule veillait. Son miroir lui contait chaque jour, les péripéties de l'enfant nommée Petite et Trompette puis Juliette. C'était son rôle, elle tissait les destins, veillait sur les jeunes âmes et la nature. Alertée par la dernière mésaventure de Juliette, Berchta dépêcha ses enfants dans la forêt. De son côté elle se rendit chez Constance et sa mère. Elle convoqua Père Gel et ensemble, ils firent souffler un tel blizzard que la demeure des 2 pestes devint glace. Ainsi que tous ceux qui vivaient dedans..

Quant aux enfants perdus de Berchta, ils rejoignirent Petite, la hissèrent sur le traîneau et l'emmenèrent au Palais de Père Gel et Snegourochka. Sur place, la princesse des neiges leur indiqua une chambre avec un lit couvert d'un épais duvet où déposer Juliette.

   

 

A son réveil, Juliette, étonnée, était allongée dans un lit douillet. Une jeune femme à la peau d'une blancheur immaculée lui sourit et dit : «Tu dois avoir bien faim mon ange, viens. Viens te réchauffer à la cuisine mais s'il te plaît, ne fais pas de bruit. Mon père a fini sa tournée, il est très fatigué, il dort. »

En effet, en bas, devant le feu, un vieil homme enfoncé dans un fauteuil profond, ronflait comme un bienheureux. « Je te le présenterai demain matin s'empressa de dire Snegourochka. Mais au fait quel est ton nom ?» Interloquée, l'enfant répondit timidement : Nisse. Et ton prénom s'inquiéta la princesse? L'enfant le déclina dans un souffle, les larmes aux yeux. »

- Qu'il est beau ! Il te va comme un gant. Viens, viens manger un bon porridge et un boire un chocolat bien chaud. La fillette, abasourdie, n'osait ouvrir la bouche tant cet accueil la surprenait. Elle s'installa et avala en silence plusieurs bols. La chaleur ambiante l'envahit, elle bailla. La jeune femme qui l'observait avec bienveillance, lui dit : «je crois que tu as encore besoin de repos, tu es bien fatiguée. »

Et c'est ainsi que, dans la maison du Père Gel, Aurore raconta ses deux longues années de misère. Son lourd chagrin qui lui pesait tant, ses instants d'immense solitude mais surtout cette sensation horrible de n'être que quantité négligeable sans identité réelle. Touché par le récit de la fillette, le Seigneur de l'hiver offrit à Aurore, car tel était son vrai prénom, un cadeau qu'elle n'attendait plus.

Un couple de la grande ville, désespéré de ne pas avoir d'enfant, avait écrit une lettre si poignante au Père Gel. Il allait enfin pouvoir exaucer leur voeu. Il attela ses rennes et pour la circonstance, décida d'accompagner Aurore en personne dans son nouveau foyer. Elle y fut accueillie avec joie et trouva enfin l'attention et l'affection qu'elle méritait. Reconnue, elle grandit en paix, comme chaque enfant le devrait.

 

Soir 7

- Ce soir, parlez de votre nom et votre prénom : d'où viennent-ils, pourquoi ont-ils été choisis, est-ce que d'autres membres de la famille portent le même prénom, qui a choisi votre prénom. Echangez

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