Le garnement

 
 

 Assis sous un pont glacé, perturbé, le regard fixé sur les reflets d'une eau grise, le garnement songeait : « Voilà bien longtemps que je vis seul. Des parents, je n'ai pas le souvenir d'en avoir eu. J'ai été trouvé dans le coin d'une rue. Dans la rue, je vis. Dieu merci, je me suis trouvé un coin de cave pour dormir. Sûr, je suis obligé de partager avec d'autres mômes mais je suis à l'abri pour la nuit: un semblant de confort en somme. Certains n'ont pas cette chance ! Je suis obligé de commettre quelques larcins quotidiens pour survivre, mais... Mais surtout, hormis le vol à l'étalage, je n'ai aucune contrainte, je m'amuse toute la sainte journée !

Bon, je ne rigole pas tous les jours ! Chaparder comporte des risques et les coups de bâton pleuvent parfois.Sans compter qu'il faut se cacher, échapper aux policiers et une fois rentré, défendre son territoire, car les plus grands ne badinent pas. Ils s'approprient volontiers nos maigres affaires. Il faut se défendre, rester vigilant. Rêvasser ou croire au Père Noël, pas le temps, il y a plus important ! 

D'ailleurs, il ne s'est pas privé de le faire remarquer au petit-bourgeois qui le gavait tout à l'heure, avec le vieillard looké chaperon rouge. » Amer, le garnement en voulait au seul camarade qu'il n'ait jamais eu. Il se repassait le film de sa journée : « quel idiot ce gamin avec ses grands yeux bleus et son air candide. Protégé dans son petit univers, que connaît-il de la vie ? Pas une seule seconde, il ne survivrait pas dans la rue ! Croire au Père Noël, et puis quoi encore… 

   

 

Toutefois, il me faut reconnaître que je l'apprécie. Michael est le seul enfant « normal » qui m'adresse la parole. Traîner avec lui ne m'ennuie jamais. Souvent, « ce petit chéri à sa maman » m'apporte des friandises, ou me laisse jouer avec ses affaires. Les autres ne le feraient pas ! Au contraire, ils me regardent de travers, se méfient de moi. Bah, je m'en fiche !

Quant à mes compagnons d'infortune, autant ne pas leur révéler l'existence du gosse. Ils s'empresseraient de lui faire des misères, de lui piquer ses affaires. Ces furies le feraient fuir. En fait, Michael est mon seul ami ! Un bourgeois qui parle de Père Noël !!! 

Les autres y étaient allés un peu fort avec le petit bourgeois, cet après-midi ! Ils se sont moqués de son unique copain. Et lui, il n'avait rien dit pour le défendre. C'est comme ça, face aux autres, il ne le connaît pas… Quelle idée aussi d'évoquer ce « Bon Enfant ». Tu parles, les autres ne l'ont pas loupé. Dare-dare, avec quelques baffes en prime, ils lui ont expliqué qu'il n'existe pas ! Michael s'est précipité chez Maman, bien entendu ! 

Les larmes aux yeux, en partant, il a crié : pas étonnant que vous ne croyiez pas au Père Noël ! Vous êtes tellement méchants qu'il ne vous a certainement jamais apporté de cadeau, idiots!» Et s'il avait raison... De toute façon, si le Père Noël existe, je n'en veux pas ! Un vieillard qui oublie des gosses sous prétexte qu'ils sont méchants ne mérite pas d'être ! Méchant ! C'est la meilleure ! Qu'ai-je fait pour mériter d'être abandonné, sans parent, obligé chaque jour de me battre pour faire ma place? 

 

Soir 20

- Le jeu du "Qu'est-ce que c'est ?"
Chacun leur tour, les participants reçoivent un objet (balle de tennis, cuillère, casquette, chaussure, crayon, poupée…). L'objet devra devenir quelque chose de complètement différent. Les joueurs doivent ensuite raconter aux autres l'histoire de cet objet. Les autres joueurs peuvent voir l'objet en question, mais il est interdit de le nommer par son vrai nom. Laissez faire votre fantaisie et votre imagination. A vous de jouer

- Pour demain prévoyez : 45 g de chocolat noir - 45 g de chocolat au lait - 45 g de chocolat blanc - 75 g d'amandes entières - 25 g d'amandes effilées et du papier de cuisson.

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